EXPOSITION : L'EMPREINTE DU GESTE

30 janvier 2018  > 11 mars 2018 Art contemporain

Dans le cadre de la saison "Sur les murs, histoire(s) de graffitis", le château de Pierrefonds accueille l'association PICARDIE FOR EVER pour l'exposition "l'empreinte du geste".

l'empreinte du geste

  

 « L’EMPREINTE DU GESTE » PICARDIE FOR EVER

Du 27 novembre 2017 au 11 mars 2018
Dans le cadre de la saison « Sur les murs, histoire(s) de Graffitis » et des commémorations de la première Guerre Mondiale, le centre des monuments nationaux accueille l’association d’art contemporain « PICARDIE FOR EVER » pour l’exposition «l’empreinte du geste »
5 artistes se sont imprégnés du château de Pierrefonds et de son histoire liée à la première Guerre mondiale pour créer 25 œuvres.

Aurélien Garcia

Photographe
Pierre 50 sur 70
Le support, c’est la pierre, une pierre calcaire semblable à celle des murs du château de Pierrefonds, majestueux rêve de pierre édifié sur un rocher.
Le château, après avoir été brièvement occupé par les Allemands à la fin de l’été 1914, devient un centre d’appui militaire stratégique. Il fait également office d’hôpital, de cantonnement. Chaque jour, un millier d’hommes y reprennent des forces en attendant de repartir au front. Avant de rejoindre la zone de combat si proche si terrifiante, les hommes y grappillent aussi quelques heures d’insouciance. C’est cette insouciance qu’Aurélien Garcia a imprimée sur la pierre. A partir d’une photo sur laquelle a été injectée de l’encre brûlée ensuite avec une lampe UV en fonction de la porosité de la pierre.  Jeunesse des soldats, tonneau apportant l’ivresse, silhouette d’une cantinière en arrière-plan, soleil éclatant de cette journée de juillet 1916, la guerre est si lointaine et la vie presque paisible.
Panneau de bois 180 sur 80
Un homme : François-Ferdinand, Archiduc d’Autriche. Une femme : Sophie Chotek, son épouse. Leur assassinat à Sarajevo le 28 juin 1914 : l’étincelle.
Aurélien Garcia, par ce jeu de photos publiées dans le quotidien « Le Petit Parisien », au lendemain de l’attentat, fixe dans les veines de ce grand panneau de bois  l’élément déclencheur du premier conflit mondial. Un déclencheur redouté et attendu. Une illustration d’un journal de l’époque, répertorié au musée de Péronne, croque jusqu’à la caricature l’appétit des puissances européennes prêtes à s’entredévorer à cause de rivalités économiques et coloniales. Les pays de la « Triple Alliance » d’un côté, ceux de la « Triple Entente » de l’autre. La guerre est inévitable, reste à savoir quand. Le 28 juin 1914, l’Europe a la réponse. En moins d’une semaine, des millions d’hommes sont mobilisés.
   

  

Charlotte Foucault

Artiste dessinatrice

Les résistantes. Les femmes ouvrières. Réflexions. Témoignages « Creux-Histoire-Mots-Humains »
Huile-Acrylique-gravure-crayons aquarellables-cire

Ferdinand Gilson 60 sur 40
« Il faut que ceux qui ne connaissent que la paix aujourd’hui comprennent la chance qu’ils ont de vivre dans un pays libre », cette phrase fut écrite par un homme qui a fait la guerre. Pas de colère, pas de haine. De la sérénité dans le regard de Ferdinand Gilson né à la fin du XIXe siècle, mobilisé en avril 1917 à l’âge de 19 ans, vivant 108 années durant en dépit de cet accident de l’histoire, de la guerre, de la souffrance. La photo de cet homme, trouvée dans un livre de la bibliothèque de Verberie, est reproduite sur un carton à l’aide d’un bic vide qui crée un creux. Ce creux est ensuite rempli d’huile pénétrant dans le sillon du stylo puis poncé. Excepté une partie rosée par un autre stylo bic dans lequel restait inopinément de l’encre. Un accident là encore...  La tête de cet homme au soir de sa vie repose sur un canapé rehaussé de blanc. L’attention s’y fixe au point de diluer le visage de l’ancien combattant comme la guerre  annihile les individus. Elle a fait de Ferdinand Gilson un soldat comme les autres. Grâce au travail de Charlotte Foucault et à ceux qui le regardent, Ferdinand Gilson n’est pas un soldat comme pas les autres.
Les ouvirères 40 sur 40
Cette femme est une ouvrière, une ouvrière de la guerre. Une femme perpétuellement debout. Une femme soulevant et déplaçant les tonnes d’obus produits dans les usines d’armement. Ce visage de femme  figure tous les visages de cette armée de femmes silencieuses, laborieuses, anonymes. L’épuisement qui s’y imprime, Charlotte Foucault le grave au stylo bic rose en traits rapides, énergiques, troublés seulement par des mots apparaissant en relief.  Inutile de tenter de les lire. Ils n’ont plus de sens. Les phrases posées là se superposent, ne s’arrêtent jamais comme si la  main qui les a écrites avait sa vie propre. Les mots s’écoulent. L’empreinte demeure.
   

   
 

Maya Reich

Peintre verrier.

“ Toujours en vie “
Vitrail de 100 sur 200 cm
“Après chaque combat,
Humanité meurtrie ou blessure intime,
La force de se relever, reconstruire et retrouver la confiance “.
Impression photo sur verre et restauration en technique Tiffany, cuivre, plomb, étain
   

  

L’impact
Toujours en vie malgré l’impact ou grâce à cet impact. Au centre du vitrail, un trou, une béance, s’étoile et se tisse.  Cet entrelacs de brisures, de fêlures, cassées au marteau de soudeur puis soudées par un mélange de plomb et d’étain, révèle la blessure, les blessures d’une femme personnifiant toutes les femmes, tous les hommes, toute l’humanité meurtrie par la guerre. Guerre de 1914-1918, mais pas seulement. Conflits universels mais pas seulement.   Guerres et combats intimes, aussi. Au cœur du vitrail, au cœur de chacun…
Le visage
Nimbée d’un fond de ciel étoilé, la silhouette diaphane d’une femme  capte la lumière du vitrail. Cette femme nue est une photo imprimée sur une feuille de verre de 4 millimètres.  Ce verre a été cassé puis restauré. A l’image de cette femme qui figure chaque être humain, cassé par la souffrance, restauré par l’espoir. Son regard  s’élève vers le ciel. Son sourire est confiant. Ce qui aurait pu la faire mourir ne l’a pas tuée.   
Le front
Au milieu du front, une des étoiles de ce fond de ciel auréolant la figure centrale du vitrail apparaît tel un troisième œil. C’est l’œil de la connaissance, de la connaissance de soi, de l’intuition, des perceptions. Cette femme sait ce que nous savons tous mais que les accidents de la vie nous font parfois oublier. Ce troisième œil voit au-delà du visible, au-delà d’une réalité abîmée.

Nicolas Vonkrissen

Plasticien

« Catalyseur sensoriel. Révélateurs de traces, de souvenirs successifs dans le château. Des noirs qui ravivent « la mémoire souvenir » par la lumière naturelle ». 90 sur 200
Bois et encre
4 faces sur ce grand monolithe noir. 4 faces dotées chacune d’une poignée. 4 faces pour 4 portes à tenter d’ouvrir ou pas,  pour entrer dans l’œuvre ou pas. Une œuvre semblable à un labyrinthe où on ne progresserait qu’à tâtons. En fonction de la lumière que laisse  pénétrer l’étroite  ouverture de la salle du château où est exposé le monolithe, il faut s’en approcher de près, de très près pour que le noir révèle ce qu’il recèle.
  

  

Phlippe Alliel

Peintre« Hope », La couleur pour l’espoir d’un monde meilleurAcrylique sur toile de lin 150 sur 200PHOTO DE LOVEEn fond, du bleu comme le cosmos, recouvre le noir d’origine de la toile. S’y détachent en arrière-plan les tours du château de Pierrefonds, leurs crénelages, le chemin de ronde ponctué de créneaux et de meurtrières. A cette foule monumentale presque écrasante font écho l’envol et la légèreté. L’envol d’un ange ailé. Au départ Philippe Alliel avait songé représenter un alien (Alliel -Alien ?), finalement ce fut un ange. Si l’ange Lucifer porte la lumière, cet ange ci est porteur d’amour. De Love. Love écrit de haut en bas, dans un rectangle long et étroit semblable à une des meurtrières du château. Love en anglais, désormais langage universel compris du plus grand nombre. Love parce que les personnes ayant combattu en 14-18 ont accompli un acte d’amour. A leurs cœurs défendant certes. N’empêche, ils l’ont fait.

  

  

 

INFORMATIONS PRATIQUES :

Château de Pierrefonds
Rue Viollet-Le-Duc
60350 Pierrefonds
03 44 42 72 72
www.chateau-pierrefonds.fr

Horaires

Ouvert :
Du 2 mai au 4 septembre, tous les jours, 9h30 à 18h
Du 5 septembre au 30 avril, tous les jours, 10h à 17h30
Dernier accès 45 mn avant la fermeture
Fermé :
Les 1er janvier, Ier mai, et 25 décembre

Tarifs

Plein tarif : 8 € 
Tarif réduit et groupes adultes (à partir de 20 personnes) : 6,50€
Groupes scolaires : 30 € (20 € pour les ZEP) ; 35 élèves maximum ; 1 accompagnateur bénéficie de la gratuité par tranche de 15 élèves (8 élèves pour les écoles maternelles) ; pour tout accompagnateur supplémentaire, le tarif "groupes adultes" s’applique, sauf pour les titulaires du Pass Education (gratuité) ou d’une carte professionnelle de l’Education nationale (tarif réduit).
Gratuité
Moins de 18 ans (en famille et hors groupes scolaires)
18-25 ans (ressortissants de l’Union Européenne et résidents réguliers non-européens sur le territoire de l’Union Européenne)
1er dimanche du mois de janvier à mars et de novembre à décembre
Personne handicapée et son accompagnateur,
Demandeur d’emploi, sur présentation d’une attestation de moins de 6 mois, bénéficiaires RMI, RSA, aide sociale
Journaliste
Toute l’année dans le monument…
Visites commentées proposées par les agents du monument. Se renseigner à l’accueil.
Audioguide : 3 €

Accès

En voiture :
De Paris : A 1, sortie n° 9, puis D 200 vers Compiègne et D 973
De Lille : A 1, sortie n° 11, puis D 935 jusqu'à Compiègne et D 973
De Reims : N 31 vers Compiègne puis D 335
De Rouen : N 31 jusqu'à Compiègne, puis D 973 Stationnement gratuit rue Sabatier, à 10 minutes du château Dépose minute sur l'esplanade pour les PMR. 2 places de stationnement pour PMR sur l'esplanade.